L'assurance-vie : l'alliée (vraiment) pensée pour les femmes

Un levier souvent sous-exploité pour construire, sécuriser et transmettre ton patrimoine

Nous avions déjà évoqué l’assurance vie (AV), il y a quelques années : l’article est .

Mais aujourd'hui, je souhaite l’aborder sous un autre angle (pas de fonds en euros, d’unités de compte ou de frais de gestion). Parce que derrière ce produit, il y a des raisons très concrètes pour lesquelles les femmes en particulier ont tout intérêt à s'y intéresser.

“Qui vivra verra”

Mais tu vivras probablement plus longtemps que lui. C'est une réalité statistique : en France, l'espérance de vie des femmes est d'environ 85 ans, contre 79 ans pour les hommes. Ce sont près de 6 ans de retraite supplémentaires à financer.

Et pourtant, les femmes perçoivent en moyenne une pension de retraite inférieure de 40 % à celle des hommes. Un écart massif, qui s'explique par des carrières souvent hachées, attends on y revient juste après.

L'assurance-vie ne règle pas l'injustice, mais elle te donne un levier : construire toi-même un capital qui viendra compléter ta retraite, à ton rythme, selon tes moyens. Et avec l'avantage fiscal dès son 8ème anniversaire, plus tu t'y prends tôt, mieux c'est (et je ne te parle même pas des intérêts composés qui opèrent). 8 ans, c’est l’âge de mon fils. En y repensant je me dis que j’aurais mieux fait d’ouvrir une assurance vie quand je l’attendais, j’aurais été moins taxé sur les rachats que j’ai fait sur mon AV.

De plus, contrairement à d’autres placements pour lesquels les prélèvements sociaux ont augmenté en début d’année (passant de 17.2 à 18.6%), les prélèvements sociaux sur les intérêts générés sur ton assurance vie sont encore à 17.2%.

📅 Prendre date : Même si tu n'as que quelques dizaines d’euros à placer aujourd'hui, ouvre ton contrat maintenant. Le compteur des 8 ans commence dès la souscription.

Ta vie n'est pas un long fleuve tranquille

Temps partiel pour t'occuper des enfants. Congé maternité. Pause professionnelle pour accompagner un proche. Séparation. Freelance avec des revenus variables. La réalité de nombreuses femmes, c'est une vie qui ressemble moins à une autoroute qu'à un chemin de campagne caillouteux.

Et ça a un impact direct sur ta retraite, qui est calculée sur les revenus perçus durant les 25 “meilleures” années de ta carrière.

L'assurance-vie, elle, s'en fiche de ton statut ou de la régularité de tes versements. Tu peux :

  • Verser quand tu peux, sans obligation de régularité (même si pour l’auto-discipline et lisser le risque sur les marchés financiers c’est mieux),

  • Mettre en pause sans pénalité,

  • Reprendre quand ta situation s'améliore.

En cas de séparation, la situation est plus nuancée. Si tu es mariée sous le régime légal (la communauté réduite aux acquêts, le plus courant en France et dont on a parlé ici), les sommes versées pendant le mariage avec des revenus communs entrent dans le partage au moment du divorce. Le contrat reste à ton nom, mais les fonds ne sont pas automatiquement "hors communauté".
En revanche, si ces sommes proviennent de biens propres comme un héritage, une donation reçue, elles restent tiennes.

Si tu es en séparation de biens ou célib’, c'est un outil de construction patrimoniale particulièrement puissant (enfin presque, on le verra dans la suite).

C'est une épargne qui s'adapte à ta vie, pas l'inverse.

🧠Moyen mnémotechnique : Trop souvent mes client.e.s confondent encore assurance vie et assurance décès. L’assurance vie s’adapte à ta vie et tu peux y toucher tant que tu es en vie. Pour l’assurance décès, tes bénéficiaires en verront la couleur seulement après ton décès.

Pourquoi n’en avoir qu’une quand on peut en avoir plusieurs ?

Contrairement au PEA ou au PEA-PME dont on ne peut détenir qu’un exemplaire, il est possible d’avoir autant d’assurances-vie qu’on le souhaite.

Ok, ce n’est pas forcément nécessaire, mais dans une stratégie patrimoniale bien bâtie ça peut être pertinent.
Exemples de situations :

  1. Quand ton AV pèse lourd
    Il n’est pas conseillé de conserver dans un même réseau bancaire ou chez un même assureur plus que les sommes garanties en cas de défaillance du dépositaire. Jusqu’à 100 000€ en banque (pour l’ensemble de tes comptes dans l’ensemble d’un réseau bancaire), et 70 000€ chez un même assureur.

  2. Quand tu as des projets variés, à horizons différents
    Certaines de mes clientes ont leur assurance vie pour leurs projets perso, et en ont ouvert pour chacun de leurs enfants. Attention, pas aux noms de leurs chérubins, mais pour leurs besoins futurs, les études notamment. Ainsi le contrôle est total, aucun risque que le livret au nom du petiot soit dilapidé dès ses 18 ans. Les sommes seront débloquées pour le paiement d’une école de commerce trop chère, ou en apport pour acheter un appart étudiant.

“Après moi, le déluge”

Si tu as quelques considérations de ce qui se passera après toi, tu désignes librement tes bénéficiaires, tes enfants, ta sœur, ta meilleure amie, ton facteur, les bonnes œuvres que tu soutiens, peu importe. Les sommes leur sont transmises hors succession, dans la limite de 152 500€ par bénéficiaire, sans droits de succession à payer. Entre 152 500 € et 700 000€, l’état récupère sa part à hauteur de 20%, et 31.25% au delà des 700 000€.

Je le répète. C’est une enveloppe hors succession. Et pour cause, les sommes versées sur un contrat d’assurance-vie ne t’appartiennent en fait plus. Elles sont considérées comme en attente d’être versées au.x bénéficiaire.s désigné.s.
C’est d’ailleurs pourquoi on parle de rachat quand tu souhaites récupérer tes sous. Tu rachètes un capital qui est déjà hors patrimoine.

De plus, la légende veut que ce soit un formidable outil pour “déshériter” ces ayants-droit. Dans les faits ce n’est pas si faux, car un héritier lésé devra justifier que les primes versées par le défunt sont « manifestement exagérées eu égard aux facultés du souscripteur » (article L132-13 du Code des assurances).
Mais pour quelqu’un qui a sa vie durant versé quelques dizaines/centaines d’euros par mois (soit une petite fraction de ses revenus mensuels) à un bénéficiaire autre qu’un héritier légal, il y a peu de chance qu’il y ait réintégration du pactole constitué (vive la mécanique des intérêts composés) dans la succession.
Sur ce point, le mieux est de se faire accompagner par un conseiller pour éviter les futurs litiges éventuels.

✍️ À ne pas négliger : La clause bénéficiaire. Beaucoup de femmes laissent la clause par défaut ("mon conjoint, à défaut mes enfants"). Prends le temps d’y réfléchir et de la personnaliser selon ta situation réelle. D’ailleurs, tant qu’il n’y a pas acceptation de la part du/des bénéficiaire.s elle est modifiable.

Le mot de la fin

L'assurance-vie n'est pas un produit genré. Mais les raisons de s'y intéresser, elles, sont très féminines : une longévité plus grande, des carrières moins linéaires, un besoin de protection autonome et des placements à adapter au profil investisseur souvent plus prudent que l’autre genre.

Alors si tu ne l'as pas encore fait : prends date. Ton futur toi te remerciera.

Si cette édition t’a plu, et que tu souhaites recevoir les prochaines clique ici 👇

Avertissement: Cet article n'a pas vocation à fournir de conseils en matière d'investissement, de fiscalité ou de droit. Il est recommandé de consulter un conseiller fiscal, juridique ou financier qui pourra vous accompagner en fonction de votre situation.

Cet article peut contenir des liens d’affiliation. Si vous effectuez un achat en utilisant un de ces liens, une commission peut m’être reversée sans coût supplémentaire pour vous. Merci 😀